Le Poids du monde - David Joy


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On continue dans les lectures de la rentrée littéraire avec Le Poids du monde de David Joy, paru chez Sonatine dans une traduction de Fabrice Pointeau. Premier livre de l’auteur pour moi, je ne regrette pas du tout cette découverte faite par le biais du Picabo River Book Club.

PhotoL’AUTEUR

David Joy est un jeune auteur américain originaire de la Caroline du Nord. Son premier livre, Là où les lumières se perdent, a été publié en version originale en 2015 et est très apprécié des lecteurs. A suivi Le Poids du monde qui parait cette semaine aux Editions Sonatine.

LE LIVRE

Thad et Aiden sont copains comme cochon. Après avoir passé une grande partie de leur enfance ensemble (dans la pauvreté et la violence), Thad s’engage dans l’armée. Une fois revenu dans les Appalaches, il retrouve son mobil-home, son ami, les arnaques et la drogue. C’est lors d’une rencontre avec leur dealer que les choses prennent un tournant encore plus dramatique et violent. Une succession de choix les mènera sur un chemin empreint de violence et de désillusions.  

LA CHRONIQUE

Vous voyez cette scène dans Breaking Bad où deux camés se disputent la meth volée à Jesse et finissent pas s’entretuer sous ses yeux ? Et bien cette scène aurait pu très bien se retrouver dans Le Poids du monde car on y retrouve les mêmes thèmes : la pauvreté, la violence et la drogue avec une question, est-il possible de s’extraire de cette vie ?

A cette question, David Joy nous répond avec trois personnages. Aiden est quasiment né dans la violence (le livre s’ouvre sur le meurtre de sa mère par son père et le suicide de celui-ci). Thad est le fruit de la violence tandis que sa mère, April, n’a connu que les coups. Pas le contexte le plus adapté pour commencer dans la vie.
Leur tombe alors du ciel du cash et de la meth à écouler. Est-ce là le moyen de quitter cette vie ? Aiden le pense, il veut voir autre chose que les Appalaches, quitter la ville dans laquelle il a si peu trouvé le bonheur. Mais Thad, lui, brûle la vie par les deux bouts. Il n’a aucune jugeote et avec un fusil entre les mains, il devient une bombe à retardement qui ne cherche que le plus petit prétexte pour exploser.

Le Poids du monde est un livre vraiment noir, particulièrement réussi, mais qui m’a parfois plombé le moral. Le réalisme employé par l’auteur ne laisse aucune lueur d’espoir.  Le style est direct : en plein milieu d’une phrase un personnage peut mourir sans que l’on n’ait rien vu venir. Le roman frappe dur, fait mal, choque et j’en ressors un brin étourdie mais très satisfaite de cette découverte de David Joy dont je lirai le premier titre avec plaisir.

L’EXTRAIT

« Rien ici n’avait changé depuis qu’Aiden McCall était né, et peut-être que c’était pour ça qu’il en était venu à tellement détester cet endroit. Tout était exactement comme avant, ceux qui possédaient possédant, et ceux qui n’avaient rien crevant quasiment de faim. […] Les années se suivaient et se ressemblaient, encore et encore jusqu’au jour où il mourrait et peut-être qu’il ne lui restait que ça à attendre. Peut-être que c’était ça le but de cette foutue vie, attendre la mort. »

Merci à Léa du Picabo River Book Club et les éditions Sonatine pour la découverte !



Commentaires

  1. J'ai lu son premier roman avec un réel plaisir. Je compte remettre ça dès que celui-ci arrivera par ici.
    Oui, il fait noir, très noir chez Joy. Mais son humanité et sa sensibilité dégagent néanmoins une petite lumière au bout du tunnel! J'adore cet auteur.

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    Réponses
    1. Je lirai son premier sans aucun doute ! Et j’ai vu qu’il avait publié un autre livre aux USA, j’ai hâte de le lire aussi !

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