Le Mars Club - Rachel Kushner


Le Mars Club

Certains sujets nous bottent plus que d’autres. Moi, ce que j’aime, ce sont les faits divers. M’enfiler les vieilles émissions de Faites entrer l’accusé vaut toutes les nouveautés Netflix. Alors, par extension, les histoires de prison, et bien ça m’intéresse plutôt. C’est pour cette raison que je me suis penchée sur Le Mars Club de Rachel Kushner, un roman qui a en partie pour toile de fond une prison américaine pour femmes. 


L’AUTRICE
Résultat de recherche d'images pour "rachel kushner"
Rachel Kushner est une autrice américaine qui a déjà publié trois romans : Télex de Cubas (2008), Les Lance-flammes (2013) et Le Mars Club (2018). Les deux premiers lui ont valu d’être finaliste pour le National Book Award. Elle vit aujourd’hui à Los Angeles. 

LE LIVRE

Romy Hall a été condamnée à deux peines de perpétuité consécutives. A la suite de quoi, la garde de son fils lui est retirée. Placée dans la prison pour femmes de Stanville, en Californie, elle y fait la rencontre de femmes endurcies ou fragiles. A côté du quotidien d’une détenue, on suit également la vie de Romy avant la prison. Une vie compliquée dont la finalité est inéluctable. 

LA CHRONIQUE

Romy a le prénom de cette actrice allemande au destin tragique, détruite par la perte de son fils. Difficile de ne pas y voir un lien car son enfant est le moteur de Romy Hall. Mais sa condamnation la prive de tout contact avec lui : un deuil impossible. 
Difficile de trouver du réconfort dans une prison pour femmes. Ici, pas de vision édulcorée à la Orange is the new black. Si ce ne sont pas les matons qui brisent les détenues, ce sont elles qui se brisent entre elles. Violence, haine, jalousie, incohérence du système pénal américain… Rachel Kushner connait son sujet et nous montre l’envers du décor. Passionnant !

Si la construction du roman est classique (passé/présent), les deux se mêlent habilement en faisant fi de la chronologie. Le passé de Romy, dans un San Francisco qu’on ne montre pas dans les films, dans les boîtes de strip-tease glauques et poisseuses, permet de mieux la comprendre. L’immersion est quasi-totale. 

Les personnages sont forts et la raison de leur emprisonnement n’est finalement pas le plus important à connaître. 

Le Mars Club est un très bon roman que je vous conseille chaudement. Quant à moi, je lirai assurément les premiers romans de Rachel Kushner ! 

L’EXTRAIT

"C’était que cette personne, Serenity Smith, avait tué une femme avant de s’opérer pour en devenir une. Dans ce climat d’hystérie, on racontait qu’un homme allait être placé parmi nous et qu’on nous laisserait nous débrouiller avec ça. Il faudrait peut-être qu’on cohabite avec lui. Qu’on se déshabille devant lui. Qu’on se douche à côté de lui. Et il était l’incarnation même du mal, du mal, du mal. »




Commentaires

  1. Pareil: les histoires de prison m’intéressent ! J'ai adoré ce roman, du début à la fin. Que la raison de l'emprisonnement de ces femmes passe au second plan m'a aussi plu. Ce n'est pas là le plus important, je trouve. Un coup de maître du genre...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait d'accord ! Il y a beaucoup de passages très forts qui font du livre, comme tu le dis, un coup de maître !

      Supprimer

Enregistrer un commentaire